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"Nous aurons haussé les impôts {de 79.4%} une fois en six ans, ensuite les gens oublieront et je serais réelu... N'est ce pas le b.a.BA de la politique ? Deux ans d'impopularité, deux ans de calme, deux ans favorables avec des fleurs et des petits oiseaux et vous êtes réelu: tout  cela est d'une facilité déconcertante, je vous le concède! "
Georges Frêche

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Mercredi 1 février 2006 3 01 /02 /Fév /2006 14:17

Je vous offre un produit à toute épreuve: la mort. Aucun déçu, aucun défaut de fabrication, aucune plainte, aucun moyen de vérification. Un état dont la stabilité est à toute épreuve (plus de 10 000 ans de tests in vivo).

Je vous offre des arguments de vente imparables: le bonheur. Deux options sont possibles:
          - le bonheur garanti après une vie obligatoire de souffrances et de tentations pardonnées en fin de stage.
          - la deuxième chance en réincarnation après validation des acquis auprès d'un tribunal divin.
 
Je vous offre un public cible exhaustif: l'humanité. Les masses solaires s'éteignent, les astres disparaissent et l'humain meurt.  Cet ordre des choses assure à notre opération marketing une cible trés large avec un renouvellement constant.  Chaque être humain est concerné par le produit sans distinction de classe, d'âge ou de sexe.

Je vous offre un besoin universel: être rassuré. La peur de l'inconnu est formidablement porteuse, surtout lorsque l'on a l'assurance que la science ne viendra pas démystifier le besoin.

Je vous offre un rôle social primordial : vivre. Donner des raisons à l'être humain de continuer à avancer en bon ordre.

Je suis la religion, l'opération marketing de la mort.

Une équipe de professionnels entraînés à connaître le public cible assure la promotion autour d'un manuel d'utilisation disponible en plusieurs langues et se déplace au besoin pour répondre aux questions.


La mort est finalement le seul pan de notre existence qui ne peut trouver de source ailleurs qu'en la divinité. Je n'ai besoin d'aucune entité extérieure pour comprendre et partager l'idée que je dois aimer mon prochain. Mais qui me parlera de la mort, qui me rassurera en m'expliquant que la vie n'a pas plus de sens que celui que nous lui donnons, que quelqu'un sait, qu'il a orchestré tout cela et que, si le but nous échappe, il existe tout de même ?


Finalement, j'aime cet être humain si rationnel, si pragmatique, qui cède au fantastique, à l'invisible, à l'irrationnel lorsqu'il s'agit de sa mort. J'aime tous ces saint Thomas qui gravitent dans les milieux politiques ou financiers et qui vont prier le dimanche pour le salut de leur âme ou citer des passages bibliques pour démontrer qu'ils ont raison.

J'aime voir que la raison est entourée d'imaginaire, que le rêve est omniprésent, même dans nos sociétés bétonnées.... surtout dans nos sociétés bétonnées.

Inter omnia, quid de deo.

Par Thus - Publié dans : Philosophie
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Jeudi 26 janvier 2006 4 26 /01 /Jan /2006 14:52

Il me vient l'envie de rebondir sur une exposition de l'un de mes peintres favoris vue voilà plusieurs mois. Sans doute parce que je l'ai enfin digérée, analysée et, par là même, comprise. Miro n'est pas le plus aimé des peintres espagnols par le grand public. Mais au delà de son oeuvre, toute sa force est dans l'intention plus que dans la réalisation.

Le génie est un état effrayant  puisque se confronte à la normalité, étalant son univers de compréhension unique et nous montrant qu'il est possible d'aller, et de vivre, au delà des limites (ou du moins de ce que nous croyons être des limites).

Miro a achevé  sa carrière  autour de la question: qu'est ce que l'art ? Ayant exploré les techniques et les possibilités de son art, il a voulu savoir ce qu'il y avait plus loin, dépasser les conventions graphiques, artistiques, visuelles et ne se concentrer que sur l'intention, la sensation. Un tableau de Miro importe plus pour ce qu'il représente que par ce qu'il présente.

 

 

 

Mis à nue, dépouillé d'attraits visuels, le tableau  ou la sculpture de Miro essaye de toucher votre âme en se passant de vos yeux.

En conséquence, les oeuvres de Miro ne peuvent être belles. Ce n'est d'ailleurs pas leur intention. Elles évoquent.
Comme la phrase qui retrouve son sens lorsqu'elle est dépouillée de ses lourdes constructions, la peinture de Miro retrouve son sens, dépouillée de ses artifices.

 


"Débarrasser la peinture de ce qui l'encombre pour mieux cultiver le rêve".  J Miro

Il avait compris que le soucis du détail, l'irréprochable imitation du naturel sont des freins à l'imaginaire. En fournissant au spectateur une image pensée, pesée et complète, il occultait fatalement la capacité à imaginer  et par là-même, à rêver.

J'ai vu, cette après-midi là, un homme ayant brisé les frontières de l'artistiquement correct pour observer au delà, un homme essayant de convaincre, même après sa propre mort, de l'importance de l'intention dans l'action.
Quelqu'un de torturé sans doute, car on ne repousse pas les limites de l'entendement humain, en quelque domaine que ce soit,  sans en subir les conséquences, comme au détour d'un roman de Lovecraft.

Avoir raison trop tôt, c'est avoir tort.

...

Avoir raison trop tôt, c'est avoir tort ?

 

 

 

Par Thus - Publié dans : Art
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Samedi 21 janvier 2006 6 21 /01 /Jan /2006 08:29
Dominique de Villepin annonce la bataille pour l'emploi dans son discours de politique générale en juin 2005. Et une grande partie de la population hurle au génie et attend de voir.
Peu de gens en réalité ont compris le sens, pourtant affiché, de ce message. Et en ce début d'année 2006, nombreux sont les déçus, toujours en situation précaire, voire catastrophique.
Le Premier ministre ne tiendrait-il pas ses promesses ?

Oh que si. Il nous promet une bataille pour l'emploi et créé des Contrat Nouvelle Embauche et Première Embauche. L'action au coeur de sa bataille, c'est "employer", c'est "embaucher". Employer, c'est une prérogative patronale. Etre employé, c'est une possibilité salariale.

Depuis le début, Dominique de Villepin n'a promis qu'une chose: ouvrir les voies d'embauches au patronnat. Et c'est ce qu'il fait.


















Les conditions sur le marché du travail actuel sont si difficiles que la population active en recherche d'emploi est prête à tout pour en trouver, y compris fausser la donne, mentir et accepter un emploi qu'elle sait ne pas lui convenir, tout cela pour raison de nécessité. La condition salariale en France s'étant de tout temps construite sur un modèle conflictuel, l'arsenal mis à disposition des salariés pour combattre leur emloyeur est immense: des multiples syndicats aux plaintes pour harcellement en passant par l'arrêt maladie et la sacro-sainte "faute inexcusable de l'employeur" qui couvre peu ou prou toute forme d'accident si l'on a un bon avocat.

Si j'étais employeur, je serais tétanisé à l'idée d'engager en CDI un salarié sachant que, si celui-ci est bon comédien et de mauvaise foi, je risque mon entreprise. Et nous savons tous combien les banques sont tendres avec les sociétés qui battent de l'aile...

Avec ces deux mesures que sont le CNE et le CPE, l'employeur peut, sans risque, se doter du personnel nécessaire à son fonctionnement, donc, accroître sa productivité et son rendement, donc enrichir son pays, ses salariés et au final améliorer la situation générale.

Un bon calcul sans doute.


Un point obscur demeure: la nature humaine. Il y a dans chaque entreprise (et j'en ai pour l'instant tutoyé sept), deux types de postes: ceux qui nécessitent une connaissance de la maison et des dossiers, et ceux faisant appel à de la réactivité et de l'immédiat, qui peuvent se satisfaire de stagiaires, CDD, Intérim à tour de bras.
Il existe aussi des entreprises qui ne marchent que par ce système de réduction des coûts de personnel. J'ai eu à travailler dans des petites sociétés qui comptaient 11 stagiaires pour 10 employés...

Dans cette bataille pour l'emploi, qui responsabilisera les employeurs et, à défaut, les surveillera ?

Pas le MEDEF en tout cas dont la présidente se fait Cassandre et s'interroge sur la pertinence d'une durée légale du travail. De telles propos augurent déjà de l'utilisation qui sera faite des mesures pour l'Embauche. La notion de licenciement abusif devrait bientôt s'étoffer des jurisprudences CNE.


Le pari du Premier ministre est de mettre la France au travail avec les entreprises à la tête du mouvement, entreprises dégagées du carcan légal, fiscal et juridique habituel. Les français ayant connu le début de siècle dernier parlent souvent de l'époque où on quittait un travail pour en trouver un autre le soir même.

Le système administratif, bancaire et fiscal français saura-t'il s'adapter à ces gens qui voleront d'emplois éphémères en emplois éphémères, non pas comme aujourd'hui, considérés en situation anormale, mais peut être considérés un jour comme en situation "stable" ?
Lorsque, dans le cadre de mon travail, on me demande si un CNE ouvre droit à souscription de prêt auprès d'une banque, je ne peux m'empêcher de penser que j'ai, moi-même, du mal à parier 1 Euro sur ce brave homme qui me parle et qui sera surement vidé de sa société au terme de la période d'essai.

Vivement la bataille pour le travail...
Par Thus - Publié dans : Politique
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Jeudi 19 janvier 2006 4 19 /01 /Jan /2006 11:45
J'ai longtemps désespéré en l'être humain, allant parfois jusqu'à dire que, contrairement aux derniers référencements, nous n'étions pas 6 milliards sur Terre mais qu'il n'y avait  en réalité que peu d'humains (au sens noble du terme). J'observais mes contemporains pressés, stressés, aveugles et sourds et je me sentais étranger à eux, venu d'une autre planète.

J'avais fini par penser que mes contemporains était plus animaux qu'humains, poussés par leur instinct de survie (égoïste par nature), et modelés par leur environnement effrayant de chômage, de violence et d'angoisse. Je supposais que, dans la nécessité, un esprit humain apprenait à ne plus réfléchir, à ne plus se poser de questions, une application de la pyramide des besoins de Maslow.

C'était, du reste, l'exemple concret de ma dernière lecture (1984 G.Orwells), ouvrage dans lequel les masses populaires sont maintenues dans le besoin perpétuel pour juguler leur pouvoir de réflexion, et donc d'opposition. La terrible faculté de ne donner ni trop, ni trop peu, d'expliquer aux borgnes qu'ils sont rois parmi les aveugles puisque la notion de bonheur ne se mesure que par rapport à son entourage.


Je me voyais donc entouré d'animaux, aux réactions viscérales, ou tout du moins encouragés à les avoir. Et comme un animal n'a aucune notion de bien ou de mal dans ses actes, je n'éprouvais aucune haine, rancoeur ou dégout pour cet état de fait.
La société leur expliquait qu'il fallait avoir peur de son prochain, que le pire était à leur porte, qu'il fallait s'enfermer, s'assurer, payer,  assouvir leurs désirs quels qu'ils soient (sexuels, matériels, passionnels) de manière immédiate.

 La télévision leur délivrait à domicile les pires inepties, appelées "divertissements", la publicité leur montrait le chemin à suivre, le modèle à adopter, où aller en vacances à bas prix, quel manteau porter et qui aller écouter en concert tout en écrivant des SMS sans raisons ni sens à des personnes qu'ils ne connaissent parfois pas.

 
Et au milieu de ces gens, il y avait certaines personnes perdues dont moi (et j'espérais plusieurs).  Au fil du temps, j'avais pris cela pour acquis. Je vivrais entouré de gens qui vous marcheraient dessus pour gagner une place dans une file d'attente ou qui s'habilleraient comme une star du showbizz  tout en accusant le quintal sur la balance.


Et puis il y eu cette discussion avec un ami nouvellement rencontré. Nous parlions de cela, de cette regrettable société de la peur qui demanda à corps et à cris l'intervention de l'armée dans les cités lors des émeutes de novembre 2005, ceux qui se sentent rassurés lorsqu'ils prennent le métro encadrés par des Famas sans réaliser qu'un individu en pantalon kaki ne sera jamais suffisant pour les protéger d'une explosion à la bonbonne de gaz, a moins qu'il n'ait la dimension d'un Demis Roussos.

Devant ce qu'il dût voir comme un fatalisme, il me répondit que, à son avis,  l'être humain était le seul animal à pouvoir contrôler son instinct, le seul à pouvoir se déprogrammer et à gagner par la même son libre arbitre.
Je dois bien admettre qu'il marqua, ce jour là, un point décisif et qu'il me rendit, en une seule phrase, l'espoir en l'être humain.
Par Thus - Publié dans : Société
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Mercredi 18 janvier 2006 3 18 /01 /Jan /2006 16:24

Dieu mit 6 jours pour tout créer et se reposa le 7ème.

J'ai mis 2 jours à comprendre que Internet Explorer était une infâme création de l'enfer incompatible avec l'éditeur du présent blog et je peux enfin rédiger un article.


Moralité: Dieu ne nous a pas créé sous Internet Explorer.

Par Thus - Publié dans : Humeur
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